Denis Cristol interviewé sur le potentiel apprenant des tiers lieux

Voici un extrait d’une interview récente de Denis Cristol sur les Tiers Lieux apprenants :

"Selon vous, quelles sont les conditions pour qu’un lieu soit apprenant ? Qu’est-ce que cela implique ?

On peut s’inspirer des ateliers des créateurs. Ces lieux créent un espace vivant autour d’eux qui combine ordre et chaos. Il s’agit de permettre des jonctions du regard, de la main, de revenir à ce qu’un lieu, son agencement, peuvent nous inspirer, nous permettre. Ces lieux sont donc d’abord inspirants, comme la nature peut l’être. Cela suppose des vibrations, des espaces différenciés, vivants, flexibles, adaptables, des possibilités de transformations facilitées. Cela nécessite également une poly fonctionnalité, sans rigidité. Mais cela implique également des postures associées des personnes qui accueillent dans ces lieux. Des facilitateurs qui vont aider les autres à habiter cet espace, qui cherchent à veiller à ce que le lieu soit facilitant pour tous et qu’il permette bien ce qu’il vise. Des tiers veilleurs en somme, qui peuvent vérifier que le lieu soit bien accessible et appropriable pour chacun, qu’il serve bien les objectifs poursuivis dans une logique de médiation, tant sur le plan relationnel que technologique.

En somme, l’environnement est capacitant s’il détient un potentiel de stimulation, qui donne envie. Cela permet aux participants de tâtonner, d’essayer. Tout cela génère à la fois une forme de désordre qui ne nuit pas à la créativité puisqu’au contraire il en est la condition. Il s’agit donc bien plutôt d’un espace vivant, où circuler et réorganiser est facile. Le lieu s’impose, nous inspire et il est une donnée non contestable du processus. Il est notre allié, si l’on se donne l’autorisation d’en jouer. Et surtout si on ne cherche pas à reproduire toujours la même chose quel que soit le lieu. Il y a donc bien, dans cette logique, une valeur ajoutée du lieu dans le processus qu’il nous faut dénicher, amplifier, apprivoiser au service de la construction collective. En somme un effet ruche qui permet de fabriquer du commun, ce qui éclaire la dimension coopérative portée par le lieu.

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Tout à fait sur le coté environnement capacitant. D’ailleurs @StephanieGuibert me faisait remarquer que l’on insistait pas assez dessus à OctoberMake par rapport à la notion de configuration sociale (issue de la thèse d’Antoine Burret). Pourtant votre extrait semble bien qu’il faut articuler les deux notions.
Qu’en pensez-vous @StephanieGuibert @Fred_Gay @benjamin.gentils ?